Systèmes GPS : la Chine prend de l'altitude, l'Europe reste à terre
Le "Beidou" de Pékin est opérationnel, Galiléo est toujours en panne. Et pourtant, la Chine était partenaire du projet européen... Avec rue89
Voici un cas d'école qui illustre bien les faiblesses de l'Europe, et, a contrario, la force actuelle de la Chine : Pékin a annoncé la mise en service, d'abord sur une base régionale, de son propre réseau GPS baptisé Beidou, après avoir abandonné sa coopération avec le système européen Galileo qui a pris six ans de retard dans la vue.
Au début des années 2000, la Chine s'était associée au projet européen Galileo, destiné à assurer l'ndépendance de l'Europe vis-à-vis du GPS américain. Pékin avait même investi 200 millions de dollars dans le budget du projet.
Mais les déboires financiers de ce chantier européen, qui s'est heurté à la fois aux égoïsmes nationaux dans un domaine pourtant jugé stratégique, et au sabotage explicite mené par l'administration Bush, ont poussé Pékin, en pleine montée en puissance de son économie et de ses ambitions, à lancer son propre système, Beidou.
Le lancement des premiers satellites chinois du réseau Beidou a pris les Européens par surprise. En 2007, le Figaro rapportait la réaction indignée d'un responsable de la Direction des transports de la Commission européenne, qui supervise le projet Galileo :
« Nous avons appris la nouvelle du lancement par la presse. Le programme Beidou n'a pas été discuté de manière satisfaisante depuis l'accord de coopération signé en 2003, qu'il s'agisse de la compatibilité avec Galileo ou de l'accès au marché chinois qui doit rester non discriminatoire. Cela fait plus d'un an que nous demandons à Pékin de clarifier sa position. En vain. »
Méfiance entre Pékin et les Européens
La méfiance s'était déjà bien installée entre Pékin et les Européens. Lorsque j'étais correspondant en Chine, au début des années 2000, le chef d'état major de l'armée de l'air française était venu rencontrer les autorités chinoises car l'Europe souhaitait empêcher la Chine d'utiliser Galileo à des fins militaires, alors qu'ils étaient financièrement engagés dans le développement du système.
Résultat : la Chine a mobilisé ses ressources et ses talents, et a créé son propre système, comme toujours à double usage, civil et militaire. Et, avec le volontarisme d'un régime autoritaire, a franchi toutes les étapes bien plus vite que les Européens désunis et fauchés, même si Galileo a été sauvé de la banqueroute et verra bien le jour, mais avec six ans de retard sur le calendrier initialement prévu (les deux premiers satellites n'ont été lancés qu'en octobre dernier de Kourou, en Guyane, ce que n'annonce toujours pas le site de l'organisation, et leur phase de tests ne débutera qu'en 2014).
Partis plus tard, les Chinois ont déjà dix satellites opérationnels, et à terme, il y en aura 35 avant la fin de la décennie. Mais le système est d'ores et déjà opérationnel dans une zone allant du Xinjiang, à l'ouest, aux confins de l'Asie centrale, jusqu'au Pacifique à l'est et à l'Australie au sud.
Et il est d'accès gratuit sur simple demande par e-mail, rendant les mêmes services que le GPS américain dont nous disposons actuellement, quand Galileo sera un service commercial payant.
Certes, les performances annoncées par le futur système européen sont bien meilleures que celles qu'assure aujourd'hui, et même demain son équivalent chinois. Mais toutes les contradictions de l'Europe, technologiquement brillante mais politiquement nulle, apparaissent dans cette épopée ratée.
« Objectif Lune »
D'autant que la conquête de l'espace par les Chinois ne s'arrête pas là : un livre blanc publié jeudi à Pékin trace une ambition considérable pour les prochaines années, avec la création d'une station spatiale d'ici à 2020, et un « objectif Lune » explicite là où les Américains ont renoncé.
Là encore, la Chine a développé ses propres capacités spatiales, un programme géré et développé par les militaires, après que les Etats-Unis lui ont fermé la porte de la coopération internationale menée par tous les autres pays, par rivalité stratégique.
A Lire aussi : La Chine dans l'espace : fierté nationale et stratégie militaire
...
Suivez Aujourd'hui la Chine sur sa page Facebook et sur le Twitter @AujourdhuiChine
- Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires
-

Envoyez cette page à un ami
Derniers sujets du forum
-
fabrice c21/02/2012developpez les ventes a l internationale de societes chinoises locales. Plus de 200 postes a... -
eht03315/02/2012Vous souhaitez visiter la Chine en évitant les problèmes d’organisation ? Faites appel à nous ! Que... -
Laoshi03/02/2012Etes vous à la recherche de cours particuliers sur Shanghai? Nous pouvons vous aider et mettons...
Tags
Dépêches...
-
22/02/2012
-
22/02/2012
-
22/02/2012
-
21/02/2012
-
21/02/2012
- 1 de 1330
- ››
Commentaires récents
-
Magaoqiang1 heure 44 minFang Fang@ Vous sous--entendez que la democratie s'oppose a l'evolution de la situation du bien-... -
fang fang3 heures 39 minle négationisme a toujours un coté buzz et des arriéres pensées politiques. Le populisme n'est pas... -
Candide5 heures 21 min@中国直播 Sur quoi vous basez-vous ? Selon le Huanqiu shibao, le maire doit démissionner, être interdit... -
EnDirectDeChine5 heures 53 minJe note que les reactions chinoises sont aujourd'hui moins violentes face a ce genre de polemique.... -
Chulian6 heures 37 minPeut-être tout simplement parce que les chinois n'en ont absolument rien à foutre de nos élections...
Sur le Forum
-
easyMandarin08/02/2012Bonjour, Juste pour vous informer que notre prochaine session intensive pour débutant pour des cours de chinois sera le 5 mars prochain. Ce mois si... -
Menfin06/02/2012Ça tombe mal, Spype n'est pas censuré en Chine. Quand à exercer la censure à temps partiel, ça se fait sur quelle planète ? -
surfileur29/01/2012QQ est un vrai moyen de com et facile à utiliser avec des applications intéressantes. Ceci n’empêche pas qu'il soit totalement aberrant que le gvt...



« ...ce chantier européen, qui s'est heurté à la fois aux égoïsmes nationaux dans un domaine pourtant jugé stratégique, et au sabotage explicite mené par l'administration Bush... »
—
Et voilà, tout est dit dans cet extrait !
Il y a surtout un peu plus loin « l'Europe souhaitait empêcher la Chine d'utiliser Galileo à des fins militaires »
Cela a de l’être la goûte d'eau qui a fait déborder le vase, car demander de l'aide financière à un pays et souhaiter qu'il ne puisse pas utiliser pleinement le système... c'est ce moquer de lui ! Peu importe les raisons, si ce pays avait eu des demandent similaire, qu'aurions-nous dit ?
Nous aurions poussé des cries d'orfraies à juste titre !
Alors, pourquoi le faire pour lui ?
Même si ce système est moins performant que celui que nous mettrons en service, il a au moins le mérite d'être opérationnel bien avant le notre ET indépendant !! personne ne dira comment s'en servir, pas comme lors de la guerre du Golfe ou le GPS est devenu aveugle pour certains en dehors des Étatsuniens.
MOI... je
En attendant les premiers satellites de Galiléo sont partis la semaine dernière et le système devrait être opérationnel l'an prochain.