Pas de répit pour la censure dans les médias chinois

Selon le journal de Hong Kong, le South China Morning Post, les autorités chinoises ont désigné 20 thèmes à ne pas aborder dans les médias, à fin de promouvoir une «atmosphère harmonieuse». Des erreurs du passé aux problèmes du présent, la liste est longue et parfois étonnante.

Rien de vraiment neuf sous le soleil, la plupart de ces thèmes ayant toujours été étroitement surveillés, pour ne pas dire carrément censurés.

Mais il s’agit aujourd’hui de préparer la session plénière de l’Assemblée populaire chinoise en mars et surtout le XVIIème Congrès du Parti communiste chinois prévu à l’automne 2007.

Et donc de tout faire pour mettre en place la « société harmonieuse » voulue par le président Hu Jintao..

La réunion du 12 janvier dernier ,du Département de la Propagande de l’administration de la Radio, du Film et de la Télévision ( Sarft) a donc selon, le South China Morning Post (SCMP), permis de réactualiser les sujets censurés.

Les thèmes couvrent toujours les événements historiques de la Chine communiste : la campagne anti-droitière et la Révolution culturelle.

Les minutes de la réunion indiquent que « les discussions sur la campagne anti-droitière devaient être atténuées et qu’il ne fallait pas faire mention du résultat ».

Cette campagne dite des « cent fleurs » a eu lieu en 1957, elle visait les intellectuels et la répression a été terrible. Aucun chiffre officiel n’ a été donné sur le nombre des exécutions mais plus de 500.000 personnes ont été déportées en camp de rééducation ou à la campagne.

Cette année, au mois de mai, cela fera cinquante ans que la campagne des « cent fleurs » a eu lieu.

Les erreurs de la Révolution culturelle devraient, elles, ne pas mettre en cause « les réalisations du parti et de Mao ».

Mais le présent également ne doit pas être abordé : la corruption et même la campagne anti-corruption en cours, les activités des défendeurs des droits de l’homme, les crimes sexuels, le style de vie « aristocratique » des hauts revenus, les maîtresses des cadres du parti, la liberté de la presse…

Pas question non plus de discuter les fondements de l’Etat chinois : « Les plans de construction de l’Etat ne peuvent pas être commentés avec un point de vue occidental …et la propriété privée ne peut être affirmée ».


Les relations avec le monde extérieur sont également sous surveillance.

« Les commémorations du massacre de Nankin et de l’incident du 7 juillet 1937 devraient servir la situation actuelle et ne doivent pas avoir un impact défavorable aux relations sino-japonaises » . Depuis quelques mois, en effet les autorités chinoises ont entrepris un rapprochement avec le Japon.

Le 90 ème anniversaire de la Révolution d’octobre sera aussi strictement censuré ainsi que la fin de l’Union Soviétique.

Plus étonnant en cette année du cochon, l’animal ne devra pas être mentionné ‘ par respect des minorités musulmanes ». Ou plutôt une façon de faire les yeux doux à certains pays producteurs de pétrole…
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