Les affaires comme d'habitude au plus grand marché de jouets de Pékin

Le fameux marché de jouets de Pékin ne souffre pas de l'affaire Mattel. A Toy City, on trouve toujours de tout et les vendeurs ne se font pas de soucis.

Marchand de jouets à Pékin, Ma Haibo n'est pas ébranlé par les accusations portées contre les produits chinois. En fait, il n'a même pas entendu parler de la nouvelle affaire Mattel.

"Je ne suis pas au courant et, de toute façon, les affaires marchent très bien", lance le jeune homme qui tient un étal au coeur du plus grand marché spécialisé de la capitale, Hongqiao. "Et puis les contrôles de qualité sont très bons de nos jours", assure-t-il.

Ma ne s'émeut pas que les étrangers aient "d'autres normes" et il n'est pas loin de jurer au complot : "Je pense qu'il y a peut-être d'autres motifs parfois", dans les rappels de produits "made in China".

Premier producteur mondial de jouets, la Chine en a vendu à l'étranger pour 17,8 milliards de dollars l'an dernier mais une série de récents scandales a jeté le doute sur leur sécurité.

Le groupe américain Mattel a ainsi rappelé mardi 18,2 millions de jouets fabriqués en Chine entre 2002 et janvier 2007, présentant des risques pour les enfants, notamment parce que de petits aimants sont susceptibles de se détacher et d'être ingérés.

Cette dernière affaire était passée sous silence mercredi par les médias locaux, tandis que les autorités finissaient en fin de journée par réagir en assurant que la "vaste majorité" des produits chinois répondaient aux normes américaines et qu'elles ouvraient une enquête après le rappel des jouets Mattel.

Comme Ma Haibo, la plupart des vendeurs du marché Hongqiao confessaient leur ignorance des derniers déboires de l'industrie du jouet chinois, s'en tenant au fait que leurs produits étaient conformes aux normes nationales.

"Bien sûr, je n'exclus pas qu'il y ait des produits ne répondant pas aux normes en Chine - le marché du jouet est si grand ! Mais la qualité s'est vraiment améliorée ces deux dernières années. Le bureau de l'industrie et du commerce effectue des inspections hebdomadaires et la clientèle est beaucoup plus avertie de nos jours. Les familles n'ont qu'un enfant, elles ne regardent pas à la dépense pour avoir des produits plus sûrs", dit ainsi Yang Long.

Début août, quand d'autres scandales entachaient la réputation des articles fabriqués en Chine, le ministre du Commerce Bo Xilai affirmait que les produits chinois à l'exportation étaient à "plus de 99% bons et sûrs".

Les autorités ont néanmoins reconnu le problème de qualité des jouets refusés par Fischer-Price et par l'importateur des petits trains, suspendant les exportations des deux usines incriminées.

Et l'Administration du contrôle de qualité a admis en mai que plus de 20% des jouets fabriqués en Chine pour le marché local ne répondaient pas aux normes nationales, faisant état de 10.000 enfants blessés par an.

Les parents chinois se font d'ailleurs peu d'illusions : "bien sûr que nous sommes inquiets. Mais qu'y pouvons-nous ? Il faut rester vigilant et veiller soi-même à la qualité", dit grand-mère Peng, 60 ans, en achetant une voiture miniature pour son petit-fils.


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