Le vice-Premier ministre chinois en Suisse évoque le commerce, pas le transfert des Ouïghours

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Le projet d'accueil en Suisse de deux Ouïghours détenus à Guantanamo n'a pas été évoqué lors de la rencontre mardi entre la présidente de la Confédération helvétique Doris Leuthard et le vice-Premier ministre chinois Li Keqiang, a-t-on appris de source officielle helvétique. Pékin fait pression pour que la Suisse renonce à accueillir deux frères ouïghours détenus à Guantanamo, mais cette question "n'a pas été abordée" durant la rencontre de M. Li Keqiang avec Mme Leuthard et la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, a indiqué à l'AFP la porte-parole de la présidente, Mme Evelyn Kobelt.

En revanche, le vice-Premier ministre chinois a indiqué vouloir commencer dès cette année les négociations pour accord de libre-échange avec la Suisse, qui serait le premier du genre entre la Chine et un pays européen. "Il s'agit d'un pas concret contre le protectionnisme", a-t-il commenté devant les journalistes qui n'ont pu poser aucune question durant la conférence de presse. Les exportations helvétiques vers la Chine ont atteint en 2008 7,3 milliards de francs (5 milliards d'euros). Les importations depuis ce pays ont approché les quatre milliards (2,7 milliards d'euros) la même année, selon les statistiques officielles suisses.

M. Li Keqiang doit participer à partir de mercredi au Forum économique mondial de Davos.

La visite en Suisse du vice-Premier ministre chinois intervient alors que Pékin a averti la Suisse que l'accueil de ces deux détenus de Guantanamo pourrait porter "atteinte" aux relations entre les deux pays. Pour Pékin, "les terroristes présumés de nationalité chinoise, quelles que soient leurs ethnies, doivent être rapatriés en Chine". Les deux Ouïghours au centre des tensions entre Berne et Pékin ne sont pas des terroristes, mais "des pauvres hommes détenus par erreur", fait valoir leur avocate Elizabeth Gilson. Le plus jeune des frères, Bahtiyar Mahnut, s'était exilé en Afghanistan "pour trouver une vie meilleure". Son frère Arkin "était parti à sa recherche pour le faire rentrer au pays". Ils ont fui "sans passeport" au Pakistan, où ils ont été "vendus à l'armée américaine", selon l'avocate.


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