L’expatriation en Chine, un défi à tous les niveaux

S’expatrier en Chine reste un challenge, surtout pour les conjoints. Après la vague d'arrivée du mois d'aout, depuis décembre de nouveaux arrivant font leurs premiers pas. Voici quelques conseils pour affronter au mieux cette aventure.

Bienvenue à Pékin!

Il fait gris, il fait froid et on ne voit pas plus loin que le bout de son nez, pas de doutes, nous sommes bien à Pékin, un matin d’hiver pollué et pour les nouvelles arrivantes, une réunion au chaud permet de mettre les choses à plat. Catherine LazBounitarou de Harmony Consulting explique les enjeux de l’expatriation en Chine.

- Combien de Français vivent aujourd’hui en Chine ?

Selon les derniers chiffres des autorités consulaires, il y a 30.800 Français inscrits en Chine mais on estime le nombre réel à 44.000 ( tous nos ressortissants ne s’enregistrent pas auprès du consulat)  Ils sont essentiellement à Shanghai ( 10 977 inscrits),  à Hong Kong ( 10.456) ,à Pékin ( 5244) et à Canton ( 2612).

- Pourquoi venir en Chine ?

Il y a quatre raisons principales: c’est le pays de la démesure, d’une croissance élevée et qui représente encore un eldorado face à une Europe en crise. Et puis il y a bien sur l’attraction de la culture chinoise. C’est un pays idéal pour une personne qui veut se développer professionnellement, qui cherche un défi personnel et qui a en tête des considérations financières, ce qui représente le profil type de l’expatrié! 

- Comment se préparer à cette expatriation ? 

Comme pour tout pays, il faut être acteur de son départ ( en travaillant en amont avec le DRH, en suivant une formation interculturelle etc.) et il faut envisager cela comme un nouveau départ dans sa vie. Si on vient en couple ou en famille, l’implication du conjoint ( souvent de la conjointe) est très importante.
Une décision véritablement concertée conduit à une meilleure adaptation de tout le monde. mais aujourd’hui seuls 10% des conjoints sont véritablement consultés.  
Il y a bien sur une « spécificité » chinoise  qui fait que le dynamisme de ce pays peut être très profitable à l’expatrié mais par forcément à sa partenaire. Plus de 60% de femmes d'expatriés en Chine ne travaillent pas. Pour les conjoints qui ont quitté un bon travail en France, cette situation est très difficile à vivre. Il faut donc bien réfléchir à son projet de vie quand on vient ici.

- c’est-à-dire ?

La Chine n’est pas une expatriation « rêvée »: la vie est de plus en plus chère, la qualité de vie dans les villes n’est pas bonne, le chinois est  une langue difficile et il faut vraiment se motiver pour en profiter.
De moins en moins de sociétés y envoient des « vrais » expatriés avec des avantages généreux. Se retrouver ici quand on a quitté son boulot pour suivre son conjoint peut être très déstabilisant. Il faut trouver des repères, un nouveau rythme et une organisation de vie de laquelle le conjoint qui travaille est exclu par la force des choses ( trop de travail).
Pour que cela devienne une expérience qui a du sens ( et qui amène, par exemple, à une meilleure compréhension de soi ou à connaitre un nouvel élan personnel ), il faut beaucoup d’énergie! Mais cela en vaut la peine...

- Quelles difficultés rencontrent les expatriés une fois sur place?

Pour ceux ( et celles !) qui travaillent, elles sont de deux ordres: internes à l’entreprise et culturelles. L’expatrié a une pression forte au travail ( longues journées, déplacements etc.); est souvent confronté à un management laborieux et doit toujours se justifier de son statut face à ses collaborateurs locaux. A cela il faut ajouter une pression très forte du siège qui est exigeant et loin des réalités. Parce que l’expat est en Chine, on attend de lui des résultats rapides: la vision de la Chine, vue de loin, est souvent très simpliste. Les difficultés culturelles sont réelles, il ne faut pas les ignorer et vaut mieux bien s’y préparer pour ne pas commettre d’impair. 
Pour les conjoints qui ne travaillent pas, il faut savoir que l’entraide est très forte, que des associations existent et que la Chine offre la possibilité de s’y investir à condition de le vouloir et de se motiver!

- Un dernier conseil ?

Surtout bien préparer son retour ! Le choc culturel est très fort également dans l’autre sens, surtout qu’on ne s’y attend pas. On croit revenir en terre connue mais entretemps, on a soi-même changé, les amis et la famille aussi, la situation économique également... bref le retour se prépare aussi bien pour l’expatrié que pour son conjoint. Il ne faut pas oublier que 25% des expatriés quittent leur travail dans les deux ans qui suivent leur retour. C’est un gâchis pour l’entreprise qui n’a pas su accompagner le retour ni profiter des acquis.

Pour continuer sur la problématique de l'expatriation, lisez l'article consacré au livre de Anne Garrigue Aux nouvelles frontières d'Asie, 40 Français qui entreprennent et téléchargez- le gratuitement sur françaisdumonde.com

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Plus difficile mais possible (si celibataire) c'est le free lance,celui qui part là-bas sans y etre envoyé par son entreprise occidentale. J'en connais un.
Pourquoi reste-il (plus de 7 ans maintenant) ? parce qu'il se voit confier par son entreprise chinoise des responsabilités professionnelles trés importantes, auxquelles il n'aurait accédé qu'en fin de carriere en France.

L'autre raison: des relations quotidiennes plutôt cool avec les Chinois à condition de bien les connaitre (limites à respecter) et de s'y preter.
Il ne fréquente pas les français qui vivent en famille et entre collegues,et qui reconstituent une petite France.
Fréquente un peu les anglo-saxons souvent plus jeunes et celibataires, plus tentés de s'ouvrir à la population... via généralement une petite copine.

J'ai remarqué que les entreprises françaises expatrient peu les salariés, souvent pour des missions, ou en faible quantité : un représentant qui tient un bureau histoire de dire qu'on y est.
Par contre il y a pas mal de Français qui travaillent dans des entreprises internationnales
Connait on la répartition professionnelle des 44 000 français ? combien d'étudiants? d'enseignants FLE ? en mission courte ? en présence prolongée (même discontinue) ?



C'est vrais que l'expatriation dont parle cet article (préparée en amont avec le DRH en prévoyant bien son retour), c'est un peu s'équiper d'un sous-marin pour se rendre à la plage...



Surtout, ça ne correspond plus à la vie d'aujourd'hui... Une grande majorité d'expats aujourd'hui sont freelance ou au service de petites entreprises, sans DRH ni médiation interculturelle...



Freelance...
Je croyais que ce statut était illégal en Chine...



ah bon ? La plupart des chinois que je connais sont freelance...



Je veux dire pour un étranger.



Jean, tu veux dire que legalement (je veux dire la vraie loi), un chinois NE PEUT PAS etre freelance ?



Non, je veux dire qu'un expatrié en Chine (donc un étranger) ne peut pas légalement être freelance. C'est ce que j'ai cru comprendre. Si c'était faux, je serais heureux de l'apprendre.



J'en connais plein aussi...



C'est bien ça un étranger ne peux pas prétendre au statut de Freelance en Chine.

Comment obtiendrait t'il un visa de travail de façon légal sinon? Pour rappelle le visa touriste et étudiant ne permet pas de travailler en Chine.

Après quand on travaille chez soit, personne ne viendra vérifier ce que vous faites ;)

xin nian kuai le à tous ! ;)



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