Internet sous surveillance dans les cafés pékinois

Le gouvernement oblige désormais les établissements d'un quartier de Pékin à demander à leurs clients de s'enregistrer avant de pouvoir accéder aux réseaux Wi-Fi. Un nouveau pas vers le contrôle de l'Internet.

Gemma Trope - Flikr

Après la grande muraille du web (bloquant l'accès aux contenus sensibles sur Internet), le logiciel sentinelle. La Chine semble bien décidée à resserrer encore plus étroitement son contrôle de l'Internet.

Une nouvelle réglementation mise en place par le Bureau de la sécurité publique impose aux cafés, bars, librairies, hôtels et autres lieux publics proposant un accès Wi-Fi gratuit à leurs clients d'installer un nouveau logiciel « de surveillance ». Ce programme est conçu pour enregistrer l'identité des utilisateurs se connectant au réseau et garder une trace de leur parcours sur la toile.

Des systèmes similaires sont déjà en place dans les établissements des chaînes Strabucks Coffee et Costa Coffee.

Cette mesure est pour l'instant uniquement en vigueur aux alentours du Hutong Wudaoying, dans le nord du centre de Pékin. Il est pour l'instant difficile de dire si elle sera étendue au reste de la ville.

La résistance se met en place

2100 euros, c'est le prix dont doivent s'acquitter les établissements pour acquérir le nouveau logiciel. Ceux qui refusent de s'en équiper et continuent, malgré la réglementation, à proposer un libre accès Wi-Fi à leurs clients encourent une amende de près de 16 000 euros et la perte de leur licence. De quoi dissuader les patrons défenseurs de la liberté de s'informer anonymement.

Image of Le livre noir de la censure
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Ce tour de vis supplémentaire pour renforcer le contrôle d'Internet met en rogne les directeurs d'établissements. Alors pour faire entendre leur désaccord, nombreux sont ceux qui ont tout simplement désactivé leurs réseaux Wi-Fi. C'est le cas du Vineyard Café, qui a affiché une note sur son mur, s'excusant auprès des clients.

Ce n'est pas seulement le coût de ce software qui freine les tenanciers, c'est aussi une question d'éthique. « Je refuse de participer à ce système de surveillance Orwellien », s'insurge la patronne d'une librairie du quartier auprès du New York Times. Elle aussi a préféré couper le réseau Wi-Fi de son établissement plutôt que d'installer le programme « sentinelle ».

Afin de ne pas être la cible d'une attention particulière de la part des autorités, elle a préféré garder l'anonymat.

De lourdes pertes pour les établissements

Le Bureau de sécurité publique n'a pas voulu s'exprimer sur la nouvelle réglementation. Au regard de la circulaire émise, cette mesure est censée faciliter la traque des criminelles utilisant le web à des fins malhonnêtes. Des motivations peu convaincantes.

En plus d'entraver la « liberté » de navigation des utilisateurs, cette mesure cause également de lourdes pertes aux établissements publics ayant refusé de s'y conformer. En effet, de nombreux clients estiment que s'il n'y a pas d'accès à Internet, les cafés ne présentent plus grand intérêt.

Un entrepreneur affirme que depuis qu'il a coupé l'accès à internet dans son café, son chiffre d'affaire a diminué de 30%. Une perte non négligeable.

En Chine, l'utilisation d'Internet est de plus en plus restreinte. L'année dernière, le gouvernement chinois a bloqué l'accès à plus d'un million de sites aux contenus subversifs ou pornographiques. Depuis plusieurs années, des sites tels que Facebook, Twitter ou Youtube sont également inaccessibles sans VPN (logiciels permettant de contourner la censure).

De nouvelles réglementations rendent très difficiles aux particuliers de créer leur propre site internet, et dans les cybercafés, les utilisateurs doivent présenter une carte d'identité avant de se connecter.

Les établissements proposant un accès Wi-Fi restent donc les derniers endroits où l'on peut se connecter anonymement.

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Les dernieres failles sont comblees, petit a petit...



Tu m'étonnes....
Encore quelques mesures du même genre et on se retrouvera avec un intranet chinois où il faudra s'enregistrer pour accéder au reste du monde (en fournissant la liste des sites que l'on veut accéder)

Prochaine étape: interdire les communications cryptées style VPN?

Et bien sûr, le site du nouveau réseau social Google+ est inaccessible....



Ca se passe comme ça...



Hé ! Daylymotion a été débloqué !
Pas d'article pour en parler ?



Désactive ton VPN et ré-essaye...



Des news la-dessus Jean ?

En tous cas a Pekin c`est toujours bien bloque...



Je n'ai pas de VPN.
Et l'ironie de l'histoire, c'est que je m'en suis rendu compte dans une bibliothèque publique. J'ai voulu tester la correction internet des ordinateurs mis à dispo gratuitement du public. Sur j'ai cliqué sur un lien vidéo, et il s'est affiché. De retour chez moi, j'ai refait l'expérience. Ça marche.
Peut-être ce déblocage ne concerne-t-il que la région autonome Zhuang (vous savez, cette minorité chinoise qui est systématiquement passée sous silence dans les discours des séparatistes) ?



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