En Chine, Google ne sait toujours pas sur quel pied danser

Près de six mois après le début du différent entre le géant du web et le gouvernement chinois, la licence d’exploitation de Google a été renouvelée. Mais à quel prix pour les deux parties ?

En Chine, le staff de Google souffle enfin . Vendredi 9 juillet, les autorités chinoises ont finalement renouvelé la licence de l'entreprise californienne, mettant une trêve à des mois de tensions et d'incertitude.
 
Et si pour les utilisateurs, peu de choses changent, la situation actuelle est le dernier épisode d'une valse d'amour-haine dans laquelle Google et le gouvernement chinois se prennent tour-à-tour les pieds.
 
Petit rappel de la situation : en janvier dernier, Google, se disant victime de cyber-attaques en provenance de Chine, surprend son monde et s'octroie au passage une image de défenseur de la liberté en décidant unilatéralement de ne plus se plier aux exigences de censure de Pékin.
 
En mars, après des négociations à huit-clos avec le gouvernement chinois, qui ne peut pas accepter cette situation, un premier compromis est trouvé. L'entreprise fait un pas de côté en fermant son moteur de recherche chinois, et en mettant en place une redirection automatique vers son moteur hongkongais, non filtré.
 
Mais Google n'allait pas s'en tirer à si bon compte, et la trêve est de courte durée. Le mois dernier, Pékin fait savoir qu'il ne renouvellera pas sa licence d'exploitation dans les conditions actuelles.
 
Il suffira d'un clic

 
Vendredi dernier, Google a pourtant obtenu le droit légal de continuer son activité en Chine. La solution trouvée pour satisfaire les deux parties tient en un clic.
 
Les utilisateurs ne sont plus redirigés automatiquement vers google.hk. A la place, le site google.cn présente une image de google.hk, sur laquelle les internautes doivent cliquer pour obtenir la redirection.
 
Le compromis est certes maigre de conséquences pour les utilisateurs, mais il est révélateur du rapport de force en jeu, les deux parties étant obligées d'accepter une position inconfortable qui ne satisfait totalement ni l'un, ni l'autre.
 
Pour Google, en effet, ce petit clic de rien du tout représente le risque de perdre des utilisateurs, et compromet ses chances d'être choisi comme moteur de recherche par défaut sur les navigateurs web et les téléphones du pays le plus connecté au monde. Baidu, son concurrent local, devrait donc renforcer sa position, déjà dominante, sur le web chinois.

Mais Google peut continuer à développer ses autres activités sur le territoire, et notamment son partenariat avec le géant de la téléphonie China Mobile, dont la dernière génération de téléphones utilise Android, le nouveau système d'exploitation de l'entreprise.
 
Le gouvernement chinois, quant à lui, accepte sans trop le montrer de renoncer en partie à restreindre l'accès des internautes chinois à l'information. Car c'est bien une faille dans la grande muraille du web que cachera désormais l'image présentée sur le site chinois de Google, même si les sites indésirables qui seront affichés en résultat des recherches resteront inaccessibles sans proxy.
 
Avec ce compromis inédit, Google et la Chine sont donc dans un entre-deux inconfortable. Et il y a fort à parier que l'on n'en restera pas là.


Image of Internet et la Chine
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