Comment Internet aide les Chinois à se mobiliser pour l'environnement

Avec la fermeture annoncée lundi d'une usine de panneaux solaires polluante, c'est la deuxième fois cet été, que la santé des Chinois et la préservation de l'environnement passent avant l'industrialisation grâce à la mobilisation citoyenne sur Internet.

Le 15 août, à Dalian

La semaine dernière, 500 personnes ont manifesté pendant 3 jours à Haining, dans l'est de la Chine, contre la présence d'une usine de panneaux solaires qui rejetait des niveaux excessifs de fluorure, un produit toxique à haute dose, et qui avait tué un grand nombre de poissons des rivières alentours.

30 personnes ont malgré tout été arrêtées pour avoir perturbé l'ordre et endommagé les biens de l'usine, mais les autorités ont annoncé la fermeture de l'entreprise, ce qui représente incontestablement une victoire: il n'est pas si fréquent de voir les autorités se plier aux revendications de manifestants qui, en descendant dans la rue, sont dans l'illégalité.

Et pourtant, cette affaire a un précédent assez similaire. Un mois plus tôt, à Dalian, dans le nord-est du pays, 12 000 personnes avaient manifesté et obtenu le déménagement d'une usine qui produisait tous les ans 70 000 tonnes de paraxylène (PX), un liquide inflammable utilisé dans la production de films et de tissus en polyester, pouvant entraîner des irritations de la peau, des yeux, du nez et de la gorge et même, à des taux d'exposition très élevés, la mort.

Dans les deux cas, c'est grâce au très populaire service de micro-blogging Sina Weibo qui revendique quelque 200 millions d'utilisateurs parmi les 485 millions d'internautes que compte le pays que les manifestants se sont passés le mot pour se mobiliser contre les pollueurs.

A chaque fois, la censure est immédiatement intervenue mais trop tard : grâce au caractère viral de l'information sur les micro-blogs l'appel avait déjà été repris et propagé l'appel, au point que l'agence de presse officielle Xinhua a fini par en parler.

Pour Wong Yiu-chung, professeur de sciences politique à l'Université Lingnan de Hong Kong interrogé par l'AFP, "les fermetures de ces deux usines sont liées au pouvoir croissant de l'Internet".

Une puissante croissante du Net qui s'illustre de plus en plus souvent, et qui inquiète les autorités. Celle-ci viennent ainsi, non sans surprise, de contraindre Sina Weibo de renforcer les contrôles pour éviter que des "rumeurs" se répandent.

Des équipes de censeurs ont ainsi été mises en place au sein de l'entreprise pour déjouer les "fausses informations", un terme assez flou dont on peut supposer qu'il englobera les informations jugées non-désirables par le gouvernement...

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Gageons que la propagande saura faire prendre conscience aux chinois que pour que la Chine se developpe au plus vite, il faut des sacrifices, et que la destruction de l`environnement chinois, fait partie de ceux-la :-)



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