Au Salon de l'auto de Pékin, constructeurs chinois et étrangers veulent leur part du gâteau

Le Salon de l’automobile de Pékin a ouvert ses portes. Les marques américaines, européennes et japonaises comptent sur ce marché, le premier mondial, pour se sortir du marasme. De leur côté, les constructeurs chinois tentent de les rattraper.

Au salon de l'auto de Pékin - crédit : Benoît Guivellic

La foule se presse aux abords du centre international d'exposition de Pékin, pour le Salon de l'automobile. 990 modèles présentés, dont 89 en exclusivité mondiale, sur une superficie totale de 200 km2, le tout pour une durée de 10 jours : un gigantisme à la hauteur du marché de l'automobile chinois, devenu l'année dernière le plus important au monde, dépassant les Etats Unis. Plus de 700 000 visiteurs sont attendus pour cette édition 2010.

Le thème du salon, cette année : « Imaginer un futur vert ». Un thème d'actualité, puisque présenter des modèles "écolos" est devenu incontournable pour les constructeurs. 95 véhicules électriques, hybrides ou économes en énergies fossiles sont donc exposés, chaque marque proposant sa propre innovation pour séduire un marché qui, s'il n'est pas encore très développé ici (seulement 300 exemplaires de la Toyota Prius se sont vendus en Chine l'année dernière), est assurément plein d'avenir.

L'expansion du marché des véhicules « verts » devrait en effet suivre l'impressionnante croissance du marché global des véhicules en Chine,  sur laquelle les constructeurs étrangers comptent pour se refaire une santé après un passage à vide dû à la crise économique.

L'américain General Motors, qui a doublé le volume de ses ventes l'année dernière en Chine, espère vendre 2 millions d'unités en 2010, et 3 millions en 2015.

"Les gens préfèrent, par exemple, une bonne Volkswagen"

Avec 13 millions de véhicules vendus en 2009, la Chine est donc un gros gâteau pour les constructeurs automobiles. Les marques chinoises, qui ont encore un certains retard technologique par rapport à leurs concurrentes américaines, allemandes ou japonaises, peinent à s'en tailler une part, du fait d'un certain retard technologique et de la distinction sociale que représente encore l'acquisition d'une voiture occidentale ou nippone.

Dans les allées du centre d'exposition, M.Yang, la cinquantaine, observe chaque modèle avec attention. « Je compte bien m'en acheter une, explique cet homme, patron d'une entreprise du secteur agro-alimentaire. Je n'ai pas encore choisi, mais ce qui est certain, c'est que je vais acheter un modèle de marque occidentale. C'est plus sûr. »

« Ce sont les gens des campagnes qui achètent des marques chinoises, renchérit M.Ding, commercial pour un constructeur chinois en Egypte. Sinon, les gens préfèrent, par exemple, une bonne Volkswagen. C'est une garantie de qualité. » Son entreprise, dont il ne révèle pas le nom, s'est implantée au Caire il y a quelques années. « Au début, on a très bien vendu, se rappelle t-il. Mais ensuite, il y a eu plein de problèmes techniques, en particulier des surchauffes de moteur. Et maintenant il faut tout régler, c'est très compliqué ! »

Les constructeurs chinois comptent bien réduire la distance. Geely, qui a récemment racheté Volvo à Ford, table sur 22% de croissance pour 2010, soit 400 000 unités vendues. La marque chinoise, encore inconnue il y a peu, présente cette année 55 modèles, dont 11 nouveaux. Au total, 64 nouveaux modèles chinois sont exposés.

"Une couche de peinture verte"

Pour les constructeurs, le Salon de l'automobile de Pékin s'annonce donc prometteur. Mais autour des stands, ou de jolies mannequins attirent autant les regards des curieux que les véhicules scintillants, les avis sont partagés. « J'ai l'impression qu'ils présentent les mêmes modèles depuis 6 ou 7 ans, à peu de choses près, estime Ross M, 37 ans, représentant d'une entreprise publicitaire anglaise spécialisée dans l'automobile. Ils ont beau dire qu'il y a du neuf, en réalité, je trouve qu'il n'y a pas grand chose qui change. La seule chose notable, c'est la tendance écolo. Mais là encore, concrètement il n'y a rien : ils ont juste passé une couche de peinture verte».

Un peu plus loin, devant le stand de Ford, Zhao, 23 ans, appareil numérique autour du cou, ne semble pas se soucier de tout cela. « Moi, je viens juste prendre des photos des voiture et des filles, rit-il. Evidemment, je ne compte pas acheter. Je n'ai pas l'argent et puis, même si je l'avais, je ne le ferais pas. A Pékin, le trafic est tellement saturé, de toute façon». En effet, 1370 nouveaux véhicules sont immatriculés en moyenne chaque jour dans la capitale chinoise.


0


0